Les économistes atterrés organisent une journée d’étude sur la création monétaire

Le 23 mars 2012 - 10:27 | Commentaires fermés

En septembre 2010, quatre économistes (P. Askenazy, T. Coutrot, A. Orléan, H. Sterdyniak) ont lancé le « manifeste des  économistes atterrés » dénonçant le système économique et financier actuel et faisant des propositions pour le réformer. Rapidement cette initiative a connu un grand succès et plusieurs milliers de personnes (dont de nombreux économistes) ont signé ce manifeste. Les Economistes atterrés se sont alors organisés en association et publient régulièrement des analyses de la crise économique et financière.

Le 24 mars ils organisent une journée d’étude sur la création monétaire pendant laquelle 4 des participants au groupe de travail de la Fondation Nicolas Hulot sur la finance interviendront.

Programme :

10H-12H :  thème 1 – La nature de la monnaie, la création monétaire
12H-13H :  thème 2 – Monnaie et dette publique
14H-15H30 :  thème 3 – Monnaie et crise
15h30 -17h : thème 4 – Quelles réformes du système bancaire et financier ?

Retrouvez le programme détaillé et les intervenants sur la page suivante.

Lieu et date :  samedi 24 mars, de 10h à 17h, amphi 2B, Centre Panthéon,12 place du Panthéon, 75005 Paris

Pour préparer cette journée un appel à contribution écrite à été réalisé. Je vous signale en particulier les papiers de:

Thème 1 :

- Gaël Giraud : De la création monétaire

- Gabriel Galand : Une monnaie à garantie totale, une vieille idée qui fait son chemin

Thème 2 :  Alain Granjean : Transférer le bénéfice de la création monétaire à la puissance publique (il s’agit d’une présentation de notre proposition Financer l’avenir sans creuser la dette mise à jour au vu des événements de la crise de la zone euro )

Thème 4 :  Nicolas Bouleau : Comment inciter les acteurs à des liens responsables avec l’économie vécue?

 

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Revue de presse : politique monétaire, MES, investissement dans l’énergie

Le 7 mars 2012 - 20:11 | 2 commentaires

Revue de presse réalisée par Emilie Prattico, étudiante en master développement durable à HEC.

Nous avons sélectionné pour vous quelques articles traitant d’une part des sujets de politiques monétaires et d’autre part de sujets relatifs à l’investissement dans l’énergie. Bonne lecture et n’hésitez pas à laisser des commentaires.

 

Des aides pour économiser l’énergie

La Dépêche, 28/02/2012

“Pour aider au développement des énergies renouvelables, la Région du Tarn-et-Garonne a mis en place un dispositif de prêts bonifiés pour des projets de production d’électricité renouvelable et de rénovation énergétique des bâtiments, en partenariat avec la Banque Européenne d’Investissement, le Crédit Agricole et le groupe BPCE (Banque Populaire – Caisse d’Épargne).”

Lire l’article

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L’europe dans la trappe à liquidités (billet invité)

Le 21 février 2012 - 15:55 | 1 commentaire


Depuis 2009, la question se pose de savoir si les économies occidentales courent le risque de sombrer dans une trappe à liquidité. Dans cet article, Gaël Giraud, économiste membre du groupe de travail sur la finance mis en place par la Fondation Nicolas Hulot nous explique ce que signifie cette expression, quels sont les scénarios qui y mènent et en quoi cela pourrait s’appliquer à la zone euro.
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Lecture – « D’où vient l’argent » de François Rachline

Le 16 février 2012 - 16:23 | 2 commentaires

Par Anne-Laure Boursier,groupe de travail sur la finance mis en place par la Fondation Nicolas Hulot.

« D’où vient l’argent ? » est un livre très pédagogique qui répond à deux questions simples : qu’est-ce que l’argent et d’où vient-il ?
La notion d’argent fait partie de ces concepts tellement ancrés dans notre quotidien qu’on ne se pose plus de questions à leur propos. Pire que cela, des croyances erronées à son sujet sont très répandues.
Demandez autour de vous : à moins que vous ne fréquentiez que des économistes,  ce qui n’est pas mon cas, vous serez surpris du nombre de personnes qui pensent encore que les banques possèdent en garantie dans leurs coffres autant d’or « sonnant et trébuchant » que d’argent, au sens « monnaie », inscrit sur les comptes de leurs clients. Egalement rares sont les personnes qui savent que les banques créent de la monnaie à partir de rien, par simple inscription sur leurs comptes.

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Mettre la création monétaire au service de la transition écologique, économique et sociale

Le 11 janvier 2012 - 16:03 | Commentaires fermés

 

Retrouvez ci-après l’article présentant notre proposition paru dans la revue l’économie politique en novembre 2011.

Comment financer la transition écologique et sociale de notre société ? Cette question essentielle ne semble plus à l’ordre du jour, tant c’est la crise financière, économique et désormais monétaire qui domine l’actualité. Après l’effondrement bancaire en 2008, la récession en 2009, nous traversons depuis 2010 l’acte III de la crise : celui de la dette publique. L’acte IV se dessine avec les actuelles difficultés des banques européennes. Retour à l’acte I alors ? Non, car désormais les Etats ne sont plus là pour sauver les banques et n’ont même plus la capacité budgétaire d’amorcer une relance de l’activité. La boucle est bouclée. Comment en sortir ?

La Fondation pour la nature et l’homme souhaite, par sa proposition, contribuer au débat vers un autre futur possible. Il s’agit de permettre aux Etats européens de se financer de nouveau auprès de leur banque centrale pour mettre en œuvre un plan d’investissements dans la transition économique, écologique et sociale. Cette proposition, si elle était portée par notre gouvernement et discutée au niveau européen, permettrait de « décongeler » le débat sur la monnaie, enjeu démocratique majeur, après quarante ans de pensée unique sur le sujet. Elle constituerait une alternative crédible à l’orthodoxie budgétaire et monétaire prônée par l’Allemagne.

Télécharger notre article en format pdf.

 

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Le jeu rend accroc…la lutte contre l’inflation aussi

Le 7 décembre 2011 - 10:22 | Commentaires fermés

Par François Carlier, économiste, membre du groupe de travail sur la finance mis en place par la Fondation pour la Nature et l’Homme

D’aucuns s’en souviennent, j’ai entamé une brillante carrière de banquier central en participant au jeu en ligne economia de la BCE. Me hissant au sommet du podium, j’ai appris petit à petit que le taux de chômage ne comptait pas, que l’objectif essentiel était de maintenir constamment l’inflation sous le 2 % et que l’instrument unique résidait dans la manipulation du taux d’intérêt. (voir l’article de François Carlier « La BCE m’a élu banquier central de l’année« ).
Après un été fiévreux consacré à cette cible de 2 %, ma soif de stabilité des prix avait besoin d’être alimentée. Et mon début d’addiction fut satisfait par le nouveau jeu en ligne de la BCE, inflation Island.

Moins ludique que le précédent, celui ci propose une découverte et un questionnaire qui, en substance, explique que l’inflation représente le mal absolu en toutes circonstances. A travers des séquences sur un chantier, au supermarché, chez un ménage ou dans une banque on découvre qu’un monde avec une inflation modéré est le meilleur des mondes. Le parti pris, effectivement très huxleyien, consiste à dire que lutter contre l’inflation permet d’offrir de la « stabilité » et de « la visibilité », facteurs qui permettent …de tout avoir : croissance, emploi et bonheur notamment.

On est quelque peu surpris par la tonalité générale du discours alors même que l’époque connaît de violentes secousses. Par ailleurs, certains détails étonnent. Par exemple, les emprunteurs (ici l’Etat pour financer sa dette et un particulier qui achète sa maison) se réjouissent d’une faible inflation. On se prend à penser qu’une inflation un peu soutenue fait au contraire baisser le taux réel (ie : le taux nominal défalqué de l’inflation) et donc le coût d’emprunt. L’argument du jeu consiste à dire qu’à inflation faible correspond des taux d’intérêt nominaux très bas. Autrement dit, plus l’inflation est maitrisée et plus les taux réels seraient bas.  Mais, le jeu comporte bien un bug car au final, au moins pour les particuliers, les taux d’intérêt réels de la zone euro (grosso modo de deux ou trois points en moyenne sur la dernière décennie) sont historiquement élevés.

Un peu décontenancé par ce bug je continue à naviguer dans le jeu qui nous fait assister à des séances de cinéma consacrées aux crises d’hyper inflation dans l’Allemagne des années 1920  et au Zimbabwe des années 2000. A ce moment, la lumière se fait : si je n’adhère pas aux préceptes simples et apaisés de la BCE, si des doutes venaient à m’envahir et à me faire tourner le dos à la vérité, je vivrais  alors comme ces habitants du Zimbawe avec des brouettes de billets et des rayons de supermarchés vides.

Une telle perspective finit de lever les quelques hésitations qui ont pu poindre et, à l’issue de ce parcours initiatique, je comprends que l’addiction envers la lutte contre l’inflation est bonne pour la santé.

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Revue de presse : quand le dogme monétaire se fissure

Le 2 décembre 2011 - 13:02 | Commentaires fermés
En mars dernier nous avons soumis à la discussion la première version de notre proposition
Financer l’avenir sans creuser la dett
e qui propose que les Etats européens puissent de nouveau se financer auprès de leur Banque centrale afin de lancer un plan d’investissement dans la transition écologique, économique et sociale. A cette époque, la création monétaire était encore un sujet tabou. De telles idées recevaient alors immédiatement une fin de non recevoir : cela déclenchera de l’inflation, l’Allemagne ne voudra jamais, c’est contraire aux traités européens… 

Depuis, crise de la zone euro oblige, le contexte a bien changé d’une part dans la pratique (les banques centrales y compris la BCE ont créé de la monnaie dans des proportions inconnues jusque là) et d’autre part dans le discours de nos économistes. Vous retrouverez ci-après une petite revue de presse d’articles économiques évoquant, sans complexe, l’idée de la création monétaire des Banques centrales.

Cependant, si ce sujet n’est désormais plus tabou, nous n’avons pas encore atteint notre objectif. Les économistes envisagent, en effet, principalement l’intervention de la BCE pour acheter des titres publiques sur le marché secondaire et éviter, ainsi, que les taux d’intérêts auxquels les Etats empruntent ne s’envolent. Nous proposons que la création monétaire de la BCE soit utilisée pour financer des projets concrets (rénovation des thermique des logements sociaux, investissement en R&D dans les eco-technologies, infrastructures de transport en commun, transformation de notre agriculture). Cela permettrait à la fois de créer des emploi et de l’activité, dès aujourd’hui, d’éviter de subir le renchérissement des prix lié à la  raréfaction des ressources naturelles et en particulier des énergies fossiles, et enfin de préparer la nécessaire de transition de notre économie afin de la rendre plus soutenable.

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Créer de la monnaie oui mais pour financer l’avenir

Le 23 novembre 2011 - 12:47 | 3 commentaires

Par Marion Cohen, pilote du groupe de travail sur la finance mis en place par la Fondation pour la Nature et l’Homme

Dans un récent article, Patrick Artus, note que la liquidité mondiale est de plus en plus incontrôlée (Flash Economie n°759 – oct2011). Ce phénomène correspond à différents objectifs poursuivis par les Banque centrales : faire repartir l’économie, rachat des actifs que les investisseurs privés ne veulent plus détenir, éviter l’appréciation du taux de change… Pour un économiste, ces diverses raisons sont compréhensibles et relèvent des outils de la politique monétaire. Pour un non économiste, c’est moins clair. Il ressort, en effet, essentiellement de cette analyse que la création monétaire est mise au service de la monnaie elle-même afin d’agir indirectement sur l’activité économique.

En période de resserrement du crédit, d’omniprésence des politiques de rigueur (baisse des salaires, des retraites, des prestations sociales, déconstruction des services publiques…), d’absence quasi totale de financement pour les projets de la nécessaire transition écologique de notre économie, il semblerait beaucoup plus efficace de mettre directement la création monétaire au service des projets concrets.

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Crise de la zone euro : l’accord européen du 27 octobre déjà caduc ?

Le 1 novembre 2011 - 19:59 | 1 commentaire

Par Marion Cohen, pilote du groupe de travail sur la finance mis en place par la Fondation pour la Nature et l’Homme

Dans la nuit du 26 au 27 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro se sont mis d’accord sur un énième plan pour tenter d’enrayer la crise de la zone euro. Cet accord à un arrière goût de déjà vue. De nombreuses mesures correspondent, en effet, à un approfondissement de celles décidées le 21 juillet dernier auxquelles s’ajoute la volonté de recapitaliser les banques européennes très chahutées sur les bourses depuis l’été.

Tandis que la récession menace en Europe l’accent est toujours mis sur l’austérité. Rien n’est véritablement envisagé pour relancer l’activité et l’idée d’avoir officiellement recours à la BCE pour aider à la sortie de crise a été catégoriquement écartée par l’Allemagne. Les enjeux sociaux et économiques sont une fois de plus sacrifiés sur l’autel de l’orthodoxie monétaire. Peut-être est-ce ainsi qu’il faut interpréter la décision du premier ministre grec de soumettre l’accord à un référendum populaire en janvier prochain.

Télécharger l’accord en français

Image : Drapeau de l’Europe – Jahovil sur Flickr

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A lire : Contre la crise créer de la monnaie

Le 27 septembre 2011 - 12:32 | 3 commentaires

Dans leur article « Contre la crise créer de la monnaie« , Stéphane Hallegatte et Julie Rozenberg, économistes, explorent la voie non conventionnelle de sortie de crise que serait la création monétaire. Ils commencent par expliquer de façon très claire pourquoi les politiques de rigueurs sont contreproductives pour atteindre leur objectif affiché, réduire les déficits et les dettes publics. Ils proposent, ensuite, plutôt qu’un défaut des Etats (aux conséquences dévastatrices du fait des faillites bancaires que cela provoquerait), de mener une stratégie de décote des dettes : les banques centrales rachèteraient (par création monétaire) les dettes publiques en ne remboursant qu’en partie les créanciers (afin qu’ils participent également à l’effort collectif).

Les auteurs décortiquent ensuite le « risque inflationniste« , première objection à leur proposition. A court terme, ce risque est très faible car « les capacités de production et l’emploi restent très sous-utilisés« . A moyen terme, une inflation contrôlée pourrait avoir un impact positif en « diminuant les montants réels des dettes de tous les acteurs économiques » (à condition d’être attentifs à la façon dont se distribueront les pertes). Ils notent, de plus, que l’inflation pourrait permettre de réduire la différence de compétitivité entre les pays du nord et du sud de l’Europe car elle serait plus importante dans les pays du nord (où les capacités de production sont plus employées que dans les pays du sud).

Enfin, la création monétaire pourrait redonner des marges de manoeuvre aux Etats pour investir dans l’économie. Les auteurs parlent alors de « consommateur en dernier ressort » : quand la consommation privée faiblit, la consommation publique peut prendre le relais. D’après les auteurs, cette confiance dans la capacité des Etats à intervenir a permis d’éviter un effondrement généralisé en 2008 mais n’existe plus aujourd’hui. C’est une des causes de l’effondrement des cours de bourse. Les auteurs concluent sur la nécessité à moyen terme de renforcer la coordination européenne et de mettre en place des « institutions fédérales disposant d’une légitimité démocratique établie« .

Si nous partageons nombre des points de cette analyse, nous souhaitons insister sur un point en particulier. Il ne s’agit pas pour nous de se servir de  la création monétaire  pour rembourser les dettes mais bien de la flécher vers un plan d’investissement dans la transition écologique, économique et sociale. C’est l’objet de notre proposition Financer l’avenir sans creuser la dette.

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