Investissement d’avenir, une bonne idée mais un manque de souffle.

Le 6 juillet 2011 - 16:53 | Commentaires fermés

En août 2009, le président de la République lançait la commission du grand emprunt présidée par Alain Juppé et Michel Rocard.  Cette initiative reposait sur le constat d’un sous-investissement public chronique : le niveau des investissements de l’État serait ainsi passé de 12,5% des dépenses publiques en 1974 à 7,5% en 2007. La commission qui a rendu ses travaux fin 2009 préconisait d’investir 35 milliards d’euros dans l’avenir dans des domaines transversaux (enseignement supérieur, recherche, innovation) et d’autresplus sectoriels : biomédical, innovations agricoles, les énergies décarbonées, la ville de demain, la mobilité du futur, la société numérique… Les investissements retenus ont globalement repris les recommandations de la Commission avec des ajustements qui se sont faits malheureusement pour l’essentiel au détriment du « développement durable ». Le montant consacré à la rénovation thermique des logements est ainsi passé de 2 à 0,5 milliards d’euros ; les financements dédiés aux agro-biotechnologies ont disparu corps et biens. Un an et demi après le lancement des investissements d’avenir l’heure est à un premier bilan.

Dans le document suivant vous pourrez comparer la répartition préconisée par la commission et celle finalement retenue par le gouvernement

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Le grand emprunt reste à faire… auprès de la Banque centrale européenne

Le 30 juin 2011 - 17:25 | 1 commentaire
Par Alain Grandjean, économiste, ancien membre de la Commission Grand Emprunt, Membre du Comité de Veille Ecologique de la FNH – Article paru dans La Tribune - 28/06/2011 

À l’heure où le président de la République revient sur le bilan du grand emprunt, osons commencer par une note positive : financer l’avenir était en soi une excellente idée.

Suite à la crise financière et à la récession, les gouvernements ont effectué un pas de deux singulier qui consistait à relancer l’économie, puis à mettre le pied sur le frein budgétaire face au spectre de la dette et des agences de notation. L’intuition du grand emprunt visait à se placer dans une perspective de plus long terme. Le jeu de yo-yo macroéconomique ne devait pas remettre en cause la capacité de la France à préparer l’avenir. Lutter contre le déficit est dangereux si on ne prépare pas notre pays à la transition énergétique et à l’économie de la connaissance, ou si on ne s’attaque pas à la crise profonde et sous-estimée du logement.

 

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La BCE doit aussi financer des investissements favorables à l’activité

Le 28 juin 2011 - 18:04 | Commentaires fermés

Interview d’Alain Grandjean, économiste, membre du Comité de Veille Ecologique de la Fondation pour la Nature et l’Homme. Propos recueillis par Adrien de Tricornot – Le Monde – 21/06/2011.

Cette interview porte sur notre proposition Financer l’avenir pour creuser la dette que vous pouvez retrouver sur ce blog. Regardez également cette vidéo de quelques minutes pour comprendre l’objet de la proposition.

 


Interview d’Alain Grandjean sur le financement…

Vous proposez un plan d’investissement écologique et social de 600 milliards d’euros sur dix ans en France, qui serait financé par un emprunt auprès de la Banque centrale européenne (BCE). Quels en sont les contours ?

Le système économique actuel n’est pas durable. Nous avons besoin d’investissements écologiques considérables pour réaliser la transition vers un modèle sobre en ressources et émettant peu de gaz à effet de serre. Il faudrait investir pour cela l’équivalent de 3 % du produit intérieur brut (PIB) pendant dix ans, soit 600 milliards d’euros au total. L’idée serait aussi d’étendre ce dispositif à l’échelle européenne. En France, quelle que soit l’option prise sur le nucléaire, il faut promouvoir massivement les énergies renouvelables décarbonées et faire des efforts très importants pour économiser l’énergie, ce qui suppose de rénover et d’isoler 30 millions de logements ainsi que les bâtiments publics.
Il faut développer les transports en commun, les voitures à très basse consommation, les compteurs électriques intelligents, etc. Réseau ferré de France (RFF) a aussi besoin d’investir dans des infrastructures de fret, mais il est lesté par sa dette. Tous ces projets fourniraient de l’activité pour les 5 millions de personnes en situation de sous-emploi chronique. Ces dépenses ne peuvent pas être supportées par les ménages, faute de moyens, ni par le secteur privé, car il a des exigences de rentabilité élevées et courtes. Forcés à la rigueur budgétaire, les Etats n’investissent plus. Le schéma que nous proposons rendrait possible des investissements dont la rentabilité est faible et inscrite dans la durée.

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