A lire – Deux études sur l’importance d’investir dans les technologies de l’environnement

Le 2 mars 2012 - 9:48 | Commentaires fermés

Par Emilie Prattico, étudiante en master développement durable à HEC

Philippe Aghion, professeur à Harvard, David Hémous, chercheur dans la même université, et Reinhild Veuglers, professeur à l’Université de Louvain, tous trois économistes, suggèrent dans l’étude « No Green Growth without innovation » ( 2009) que l’avenir de la croissance dépend de nos investissements actuels dans deux domaines qui se recoupent : la technologie et l’environnement.  Selon eux, le débat concernant la « croissance verte » est aujourd’hui simpliste et ignore le poids de l’innovation. Les technologies qui contribuent à mitiger le réchauffement climatique et ses effets ne surgissent pas spontanément, mais nécessitent des investissements maintenant pour développer l’éventail technologique qui nous servira demain. Leur étude montre que la majorité des investissements actuels se concentrent sur des technologies relativement inefficaces, ou bien que l’on remet à plus tard le développement scientifique et technologique lié aux sciences de l’environnement et du climat.

Ce qu’il faut, et urgemment, selon eux, c’est mettre en marche une « machine d’innovation verte ». Pour ce faire, l’intervention des pouvoirs publics est indispensable en plus du secteur privé. Les gouvernements devront donner le coup d’envoi aux entreprises en redirigeant les forces du marché vers des sources d’énergie propres avant que le marché ne prenne le dessus. Ils recommandent, par ailleurs, que les politiques gouvernant le changement climatique soient renforcées par une taxe carbone ainsi que des subventions importantes pour la recherche et le développement en « innovation verte ». Il revient aux pays développés de montrer le chemin politique et technologique dans ce domaine, étant donné qu’ils en ont les moyens. Tout cela ne peut attendre : retarder une politique qui favoriseraient les investissements en technologie verte mènera sans aucun doute à des coûts beaucoup plus élevés à l’avenir.

Plus récemment, l’un de ces chercheurs, David Hémous, a développé cette thèse dans l’étude « Environmental Policy and Directed Technical Change in a Global Economy: Is There a Case for Carbon Tarifs? » pour démontrer que des politiques environnementales, souvent unilatérales du reste, ne suffisent pas à assurer une croissance durable. A l’aide d’un modèle économique, il argumente en particulier que la taxe carbone ne parviendra pas à nous épargner une dégradation climatique à elle seule. C’est en lui ajoutant une politique d’investissement dans la recherche et le développement et en insufflant ainsi des moyens à « l’innovation verte » que nous aurons plus de chances de réduire les impacts environnementaux imminents.

D’après ses calculs, le commerce accélère aujourd’hui la dégradation de l’environnement. Cependant, avec une politique qui intègre à la fois une taxe carbone et des subventions à « l’innovation verte », le commerce peut contribuer à la réduire. Prendre soin de l’environnement ne serait donc pas forcément contraire à la croissance économique, puisqu’en faisant du commerce dans des conditions réglementées de développement technologique et de taxation décourageant la pollution, nous pourrions même parvenir à atténuer les pronostics plutôt inquiétants pour la planète.

 

 

 

 

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