Qu’est-ce que la proposition « 100% monnaie » ? Par André-Jacques Holbecq (billet invité)

Le 25 juillet 2011 - 11:57 | 21 commentaires

Les billets invités sont mis en ligne afin d’apporter une contribution au débat. Ils ne constituent pas une prise de position de la Fondation pour la Nature et l’Homme.

 

Money par gotencool sur Flickr
Le « 100% monnaie » n’est pas (encore) dans un quelconque programme politique, mais il est probable que vous en entendrez de plus en plus parler. Il a donc semblé intéressant de vous faire partager un résumé concernant cette possible « révolution » monétaire et bancaire.

Aujourd’hui

Le secteur bancaire n’est pas une industrie comme les autres car son fonctionnement produit des « externalités » qui peuvent être dommageables pour les autres secteurs, et le produit qu’il crée, la monnaie, n’est pas un produit comme les autres car il permet d’exercer sur les marchés un pouvoir d’achat déstabilisateur . Or, le système de paiements et l’intégrité du moyen d’échange sont des biens publics essentiels. Il est dès lors normal que la société dessine le système de paiement et de financement le plus sécurisé et le plus efficace possible tout en s’appropriant les gains de la création monétaire, ce mécanisme générateur par nature de « faux droits » sur la production. Le contrôle de la monnaie doit faire partie de l’arsenal de protection des intérêts des citoyens.

Il existe une différence fondamentale entre les deux types de monnaies que nous utilisons, nous les « agents non bancaires » (État, entreprises et ménages). La première monnaie est  fiduciaire (de « fidus », confiance en latin), ce sont les billets de banque (espèces). La seconde est scripturale (les montants qui apparaissent sur vos comptes bancaires et vos dépôts d’épargne). La première est donc une monnaie émise directement par la  Banque centrale (pour nous la BCE) qui encaisse donc directement les bénéfices de cette création, la seconde est une monnaie émise (créée « ex nihilo par chaque banque commerciale à l’occasion d’une opération de crédit ou d’un achat d’actifs sur le marché et c’est  donc elle qui encaisse les gains de cette création (les intérêts perçus sur le prêt d’une ressource qu’elle crée !). De ce fait il existe donc des monnaies BNP, SG, CA, Banque Postale, Crédit Mutuel, etc, et même si celles-ci sont toutes libellées en euro, vous ignorez la provenance du crédit les ayant créées et à qui il devra être remboursé à son terme. Tous ces dépôts, qu’ils soient au passif de la  BNP, SG, CA, Banque Postale, Crédit Mutuel, etc, sont bien sûr fongibles entre eux et les banques, par définition, se sont engagées à effectuer pour leurs clients toutes les transactions que ceux-ci leur commandent de faire : virements de banque à banque ou  retraits en espèces (monnaie banque centrale). Pour ce faire, dans les conditions normales, elles n’ont besoin que d’un coussin de sécurité en monnaie banque centrale (les réserves). C’est le principe même de fonctionnement de nos systèmes bancaires : un système bancaire à couverture fractionnaire des dépôts. Mais les banques commerciales se sont engagées à transformer en monnaie centrale (espèces), à tout moment, l’équivalent de vos dépôts bancaires : c’est la raison pour laquelle certains économistes définissent la monnaie comme « une dette de banque qui circule ».
Enfin, pour ne pas trop rentrer dans les détails de la création monétaire, sachez que le seul pilotage de la masse monétaire actuelle tient d’une part au taux d’intérêts de refinancement des banques (besoins en monnaie centrale) et au montant des réserves obligatoires (équivalent à 2% des dépôts)

 

De cette description, il faut retenir 2 points essentiels:

  1. La création d’un pouvoir d’achat « ex nihilo »par le crédit est une ponction sur la production ne correspondant à aucune épargne préalable, un gain pour la banque lié à un privilège, cause d’une instabilité fondamentale du système ;
  2. La création comme la destruction de monnaie sont complètement dépendantes du désir des  agents économiques d’emprunter et de la volonté des banques de prêter ;

Aujourd’hui on peut dire que la quantité de ce que nous considérons comme monnaie en circulation est indéterminée : les banquiers centraux classent celle-ci dans des agrégats (M1, M2, M3) du plus « liquide » (immédiatement disponible) au moins liquide, la limite en zone euro étant fixée à 2 ans sans aucune justification (pourquoi pas 1 pourquoi pas 3 ; d’ailleurs les USA ne comptabilisent plus M3 alors que les Anglais ont un agrégat M4, comme nous l’avions avant 1984).
Même si la garantie des dépôts est fixée en France à 100 000 €, cette garantie est très insuffisante pour nombre d’entreprises.

 

Le « 100% monnaie » : de quoi s’agit-il ?

La critique du principe de la création monétaire via les opérations de crédit bancaire s’inscrit dans une longue tradition qui remonte à Ricardo, la « Currency School », Walras, Mises et Hayek. Depuis la crise des années 30, elle a été prolongée par toute une lignée d’économistes parmi les plus prestigieux de  Simons et Fisher à Allais en passant par  Friedman, Tobin (sous la forme du « narrow banking ») et Minsky, et a donné lieu à des propositions concrètes de réforme. Notons que Christian Gomez, élève d’Allais, a fait la synthèse des propositions existantes en cherchant à les actualiser.

Comme l’écrit Maurice Allais « Au regard d’une expérience d’au moins deux siècles quant aux désordres de toutes sortes et à la succession sans cesse constatée de périodes d’expansion et de récession, on doit considérer que les deux facteurs majeurs qui les ont considérablement amplifiées, sinon suscitées, sont la création de monnaie et de pouvoir d’achat ex nihilo par le mécanisme du crédit et le financement d’investissements à long terme par des fonds empruntés à court terme. »

Tous estiment qu’il faut dissocier la monnaie du crédit dans le but d’obtenir une couverture intégrale par de la monnaie de base (monnaie de Banque centrale) des dépôts considérés comme des disponibilités monétaires par les agents économiques (les dépôts à vue et assimilés).

Le 100% monnaie propose donc la séparation très claire entre d’un coté la monnaie qui doit être totalement « liquide » et garantie à 100% par de la monnaie Banque centrale, et de l’autre l’épargne à court, moyen ou long terme (d’une journée à plusieurs années).

L’augmentation de la masse monétaire ne pourrait plus avoir lieu comme actuellement par des émissions de nouveaux crédits des banques commerciales, mais seulement par une émission monétaire de la Banque centrale, par exemple à destination du Trésor public, monnaie qui ensuite, au cours de son circuit d’utilisation, va diffuser dans toute l’économie en créant le revenu des agents économiques à travers leurs opérations de production et d’échange.  Puis, en fonction du choix de chacun des agents, une partie de cette nouvelle monnaie se retrouvera dans les banques de prêts sous forme d’épargne.

 

Le système bancaire serait nécessairement scindé en trois types d’institutions :

  1. Les banques de dépôts (« Compagnies de Services Monétaires » dans la terminologie plus appropriée utilisée par Christian Gomez) dont les réserves en Banque centrale doivent nécessairement couvrir exactement les quantités de monnaie « scripturale » (en fait électronique), d’où l’expression « 100% monnaie ». Ces institutions, par construction, ne peuvent faire aucun crédit et leur seule fonction est d’assurer l’ensemble des paiements dans l’économie de la manière la plus efficace  et la moins coûteuse possible sous l’effet de la concurrence. Cette monnaie qui représente par exemple vos soldes de compte bancaire actuels serait ainsi au même niveau de confiance que les billets de banque (monnaie fiduciaire) auxquels d’ailleurs ils pourraient être substitués sans aucun dommage pour les institutions qui les gèrent (contrairement à ce qui se passerait dans le système actuel dans lequel la monnaie fiduciaire ne représente que quelques pourcents des dépôts à vue). Toute la monnaie scripturale serait ainsi « fiduciaire » et les banques de dépôts/CSM pourraient être assimilées à de purs gestionnaires de véritable monnaie, assurant sa conservation (« coffres-forts ») et sa circulation le tout dans l’environnement technologique le plus avancé (c’est-à-dire que ces CSM prendraient dans la plupart des cas la forme de banques en ligne).
  2. Les banques de prêts dont le rôle serait celui des actuelles « sociétés financières », c’est-à-dire des intermédiaires entre l’offre d’épargne et la demande de prêts, sachant qu’elles ne pourraient pas prêter plus que les épargnes dont elles sont les dépositaires.
  3. Les banques d’affaire ou d’investissement travaillant sur fonds propres, empruntant directement au public ou aux banques de prêt,  et investissant si elles le souhaitent les fonds empruntés dans les entreprises.

 

Réponses aux objections

  • Les banques sont des générateurs de liquidités pour les agents économiques et le nouveau système serait trop rigide.

En fait,  le « 100% Monnaie » permettrait de faire face aux besoins imprévus de liquidité dans un système complètement sécurisé. Simplement, les lignes de crédit, qui continueraient bien entendu à exister, seraient gérées différemment.

  • Il y a risque d’une insuffisance de financements disponibles pour satisfaire aux besoins des agents économiques.

Cette critique dénote une mauvaise compréhension du système proposé :

a) il n’y aura aucun changement dans la masse de crédits en place au moment de la réforme et ces crédits pourront être renouvelés sans problème.
b)  La masse monétaire en circulation continuera à augmenter selon le rythme souhaité, dont une partie accroitra l’épargne existante,
c) Les taux d’intérêt ajusteront l’offre et la demande sur les différentes échéances, créant ainsi les conditions d’une véritable efficience dans l’économie
d)  Les besoins d’épargne financière peuvent aussi être régulés à travers les mouvements de capitaux internationaux, sachant que la Banque centrale – sous contrôle et sur ordre du Parlement – devra veiller à ce que la masse monétaire en circulation, égale par définition à la monnaie de base dans le nouveau système, reste sur la pente requise (qui devrait être de l’ordre de 4 à 5 % l’an)

  • Le système actuel pourrait être amendé.

Hélas, vouloir amender le système actuel c’est comme mettre un cautère sur une jambe de bois ;  il n’empêcherait pas les crises :
a) Le  système bancaire à couverture fractionnaire est totalement impossible à contrôler ni par la politique monétaire, ni par des dispositifs réglementaires comme l’a montré toute l’expérience historique et comme le démontrent encore les discussions actuelles sur les dispositifs à mettre en œuvre pour le « rendre plus sûr »
b) La mise en place du nouveau système serait pratiquement transparent pour les agents économiques (changements très marginaux dans leurs habitudes) et n’entrainerait de véritables changements que pour les banques, sachant que, sur le plan interne, les activités à séparer sont déjà largement sectorisées ;
c) Certains proposent aussi le retour au système instauré en France après guerre jusqu’en 1984 (connu également sous le terme de « Glass Steagall Act ») simple séparation des banques de dépôts/prêt des banques d’affaires: ceci n’a rien à voir avec le 100% monnaie car il n’empêche nullement l’émission de crédit par les banques de dépôts/prêts.

 

  • Le 100% monnaie n’empêcherait pas les mouvements spéculatifs (boursiers ou autres)

C’est exact, mais il les atténuerait :
a) les achats ne pourraient être financés que sur les fonds disponibles et l’épargne courante, de telle sorte qu’un emballement spéculatif entraînerait immédiatement une montée des taux d’intérêt,
b) les fluctuations violentes de la bourse n’ont que peu d’impact sur l’économie  si elles ne déstabilisent pas le système financier, ce qui serait le cas dans le « 100% monnaie ».

 

L’application d’une telle réforme aurait cinq conséquences très positives.

1.  Une capacité de régulation économique sensiblement accrue par une maîtrise totale de la masse monétaire.

a) la  quantité de monnaie pourrait être dirigée selon une règle définie a priori (stabilité des prix ou taux volontaires de hausse des prix)- la quantité de monnaie deviendrait inélastique au pessimisme ou à l’optimisme irraisonné des agents économiques
b) la quantité de monnaie en circulation deviendrait une variable totalement sous le contrôle de Banque Centrale sans que le comportement des banques  ou des agents économiques  puisse influer sur elle. L’ampleur du « Boom » immobilier et financier de la dernière décennie serait quasiment inconcevable dans un système de ce type.

2. Une meilleure efficacité de l’économie.

a) des taux d’intérêt véritablement représentatifs des préférences des agents économiques
b) le paiement du prix des services monétaires
c) l’interdiction de la transformation financière.

3. La fin des distorsions dans la répartition des revenus

Toute création monétaire ex nihilo par un système bancaire privé et commercial donne un droit sur la production qui n’a pas été acquis par un produit ou un service vendu. Elle est par nature un « faux droit », un revenu non gagné,

4. Un contrôle aisé par l’opinion publique et par le Parlement de la création monétaire et de ses implications.

Dans le « 100% monnaie» l’État récupèrerait les gains de la création monétaire mais pas le contrôle. Celui-ci serait confié à la Banque Centrale agissant sous un mandat impératif protégé par la Constitution, mais plusieurs types de décision et de contrôle citoyen sont envisageables.

5. L’attribution annuelle à l’État, c’est-à-dire à la collectivité, de 70 à 80 milliards de  gains provenant de la création monétaire

a) au travers de l’affectation de la création monétaire aux ressources de l’État, comme une recette budgétaire qui peut être estimé à 40 milliards d’euros par an pour la France (environ 80% de l’IRPP)
b) au travers de la neutralisation instantanée de 800 à 1000 milliard d’euros de la dette publique française, permettant d’éviter une dépense annuelle d’intérêts de 30 à 40 milliards d’euros par an, qui, il est vrai, sont systématiquement empruntés avec pour conséquence l’augmentation de la dette.

 

André-Jacques Holbecq
, Économiste et auteur de :
Argent, dettes et banques, éditions Yves Michel, 2010
La dette publique, une affaire rentable, en collaboration avec Philippe Derudder (préface d’Étienne Chouard) – rééditions Yves Michel 2011

 

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21 commentaires

  1. [...] Notre ami André-Jacques Holbecq a écrit un billet paru sur le blog  « Financer l’avenir » de la Fondation pour la Nature et l’Homme,  résumé explicatif du « 100% monnaie » Vous le trouverez ici: http://financerlavenir.fnh.org/billet-invite/la-proposition-cent-pour-cent-monnaie-andre-jacques-hol... [...]

    Ping by 197 – Résumé explicatif du 100% monnaie « Plus loin que Jorion | Le 26 juillet 2011 - 12 h 12 min

  2. // Les attaques personnelles ont été supprimées de ce commentaire conformément à notre charte de modération //

    Monsieur Holbecq raconte strictement n’importe quoi en prétendant que les banques créent de la monnaie via le crédit en claquant des doigts, « ex nihilo ». Elles peuvent certes prêter de l’argent AVANT de se préoccuper de trouver des ressources, mais elles doivent systématiquement trouver ses ressources pour financer leurs prêts.

    C’est profondément choquant de laisser publier un tel article sans un minimum de vérifications !

    Commentaire by Imposteur | Le 4 août 2011 - 12 h 09 min

  3. Ce sont bien les banques de dépôt qui en Europe créent la majorité de la monnaie. Entre 2001 et 2010, la masse monétaire de la zone euro (M1) a plus que doublé alors que les Etats n’ont pas le droit de créer de la monnaie (sauf les pièces métalliques). Source ici : http://www.ecb.int/stats/money/aggregates/series/html/index.en.html
    La banque centrale crée quant à elle les billets de banques (+ la monnaie banque centrale qui circule sur le marché interbancaire mais pas dans l’économie des biens et services ). Il y a bien des limites à la possibilité de créer de la monnaie par les banques commerciales (notamment le montant de leur fond propre ou la nécessité de se refinancer en monnaie centrale) mais cela n’empêche pas que la grande majorité de l’argent prêté par les banques de dépôts est créée ex nihilo.
    De nombreuses explications de ces mécanismes se trouvent sur le web notamment ici :
    un dossier sur la monnaie sur le site de Michel Lasserre
    Le site de Jean bayard
    Le site de l’association Chômage et monnaie
    Des explications didactiques sur le site sociétal.org ou sur le wiki monnaie

    Vous pouvez également consulter des références plus « officielles » sur le sujet :

    Un dossier « banque, monnaie et crédit » avec des renvois vers de nombreux articles ou ouvrages d’économistes sur le site portail de l’économie TECO
    Une vidéo de la BDF La monnaie et nous Vous trouverez des extraits du livre de la BDF Banque de France et la monnaie ici (ref BDF 1 à BDF5)
    Enfin, le mécanisme de la création monétaire par les banques de dépôt est largement enseigné :
    cf par exemple le livre « Mécanismes et politique monétaires , économie du système bancaire français » d’André Chaineau paru aux PUF
    le cours de Mario Dehove, enseigné en deug à Paris XIII (chap 4 : l’offre monétaire)

    Commentaire by Marion | Le 8 août 2011 - 13 h 40 min

  4. @imposteur

    Le rôle d’une banque est justement de monétiser des actifs ou des créances « non monétaires » (y compris par exemple ses propres besoins) donc créer de la monnaie scripturale.
    Le « ex nihilo » (qui est à l’origine une expression de Maurice Allais) ne signifie évidemment pas qu’il n’y a pas de conditions et qu’une banque puisse faire ce qu’elle veut: elle est limitée par:
    - la règle (Bâle 2) qui lui interdit d’avoir moins de 8% de fonds propres par rapport aux crédits qu’elle fait
    - le besoin de monnaie centrale sous forme fiduciaire pour satisfaire les demandes de ses clients (en moyenne environ 15% des DAV)
    - le besoin de monnaie centrale en banque centrale (réserves obligatoires, 2% des dépôts)
    - les besoins de compensation toujours en monnaie centrale vers d’autre banques si sa part de marché de crédit à dépassé sa part de marché de dépôts (fuites vers d’autres banques)

    Je trouve au contraire que Monsieur Holbecq explique très bien ce processus de création monétaire (en vulgarisant ce qui est enseigné dans toutes les facs), aussi bien dans ses articles que dans ses livres.. mais libre à vous de suivre d’autres points de vue.

    Commentaire by Sophie | Le 8 août 2011 - 14 h 47 min

  5. [...] Concrètement, il s’agirait de passer à un système de réserves pleines (ou appelé 100% money) associé à un système de crédit mutuel en P2P dans lequel chacun est pleinement responsable des [...]

    Ping by Il faut abolir le privilège de création monétaire des banques | Tête de Quenelle ! | Le 27 septembre 2011 - 15 h 35 min

  6. Cet article est très intéressant car il sort des jérémiades habituelles sur le système pour tenter de faire des propositions.Il montre que la pensée unique fondée sur l’acceptation de l’ultra-libéralisme…et de ses conséquences sociales et environnementales n’empêche pas encore tout le monde d’imaginer des alternatives: bravo!

    Commentaire by Jean-Michel Masson | Le 28 septembre 2011 - 10 h 41 min

  7. Merci pour cette explication du système 100% monnaie, on voit à peu près de quoi il retourne.
    Toutefois, je ne comprends pas bien comment la monnaie créée par la banque centrale est injectée dans le système économique et comment elle en est prélevée si il s’avère qu’il faille retirer de la monnaie pour X raison.

    Quand je lis « Dans le « 100% monnaie» l’État récupèrerait les gains de la création monétaire mais pas le contrôle. », est-ce qu’il faut comprendre que :
    * lors d’une création monétaire, c’est le compte du Trésor publique qui sera crédité (ex nihilo)
    * lors d’une destruction monétaire, c’est le compte du Trésor publique qui sera débité (in nihilo)

    C’est bien ça ?
    En vous remerciant

    Commentaire by Mat | Le 24 octobre 2011 - 8 h 49 min

  8. @Mat

    Merci pour ces questions qui permettent de préciser.
    La Banque de France est le « comptable » des comptes de l’État et le Trésor public est l’ensemble des moyens financiers dont dispose un État.

    A ce titre, le trésor Public peut être considéré comme la seule « banque » qui puisse recevoir de la monnaie centrale et émettre de la monnaie secondaire (paiement des rémunérations et retraites des fonctionnaires, paiement des factures fournisseurs, etc), et vice-versa, la seule structure qui permets de transformer la monnaie centrale en monnaie secondaire et également l’inverse.

    Il est donc tout à fit exact d’écrire « lors d’une création monétaire, c’est le compte du Trésor publique qui sera crédité, lors d’une destruction monétaire, c’est le compte du Trésor publique qui sera débité », la Banque de France jouant pour le TP le même rôle qu’une banque secondaire pour un ménage ou une entreprise. En échange d’une « obligation » (laquelle ne porte pas d’intérêt et n’a pas d’échéance) qu’elle va inscrire à son actif, la BdF créditera le compte du T.P..
    Lorsque qu’il semblera souhaitable de détruire de la monnaie, la BdF « détruira » le même montant à son actif et à son passif, ce dernier étant le compte du TP.

    En ce qui concerne le « contrôle » ce n’est pas ce que j’avais en tête. On ne peut laisser au seul gouvernement ni à la seule banque de France le contrôle de la quantité de monnaie émise. A mon sens ces décisions doivent être prises collectivement avec le Parlement (lors des votes de loi de finance par exemple).

    Commentaire by A-J Holbecq | Le 24 octobre 2011 - 14 h 46 min

  9. [...] http://financerlavenir.fnh.org/propositions/la-proposition-cent-pour-cent-monnaie-andre-jacques-holb... [...]

    Ping by Monnaie Money | Le Triptyque Economique | Le 28 octobre 2011 - 6 h 16 min

  10. [...] Nota: Ce texte est paru le 25  juillet sur le blog « Financer l’avenir » de La Fondation pour la Nature et l’Homme [...]

    Ping by 215 – Résumé 100% monnaie « Plus loin que Jorion | Le 4 novembre 2011 - 6 h 56 min

  11. [...] [7] http://financerlavenir.fnh.org/propositions/la-proposition-cent-pour-cent-monnaie-andre-jacques-holb… [...]

    Ping by La dette: Une création politique! | Le travail disloqué | Le 11 novembre 2011 - 15 h 50 min

  12. [...] « L’augmentation de la masse monétaire ne pourrait plus avoir lieu comme actuellement par des émissions de nouveaux crédits des banques commerciales, mais seulement par une émission monétaire de la Banque centrale ». (http://financerlavenir.fnh.org/propositions/la-proposition-cent-pour-cent-monnaie-andre-jacques-holb...) [...]

    Ping by Dette 2: La dette française n’est pas une fatalité | Le travail disloqué | Le 13 novembre 2011 - 16 h 40 min

  13. Je voudrais préciser une phrase de cet article.
    J’ai écrit :
     » Il existe une différence fondamentale entre les deux types de monnaies que nous utilisons, nous les « agents non bancaires » (État, entreprises et ménages). La première monnaie est fiduciaire (de « fidus », confiance en latin), ce sont les billets de banque (espèces)  »

    Les billets de banque (espèces) sont la seule monnaie de base (monnaie centrale) qui circule dans la sphère des agents non bancaires. Ce n’est pas pour autant que c’est la seule forme de monnaie centrale qui, lorsqu’elle circule DANS le système bancaire (banques et banques centrales) prends évidemment des formes dites « scripturales » (en fait « électroniques »).

    Commentaire by A-J Holbecq | Le 16 novembre 2011 - 10 h 52 min

  14. L’augmentation annuelle de la masse monétaire suggérée par Allais de l’ordre de 4 ou 5%, soit de nos jours d’environ 40 milliards d’euros, montant versé directement au compte du Trésor Public par la Banque de France peut être (c’est juste une décision politique) réservée aux investissements de transition écologique, sociale et économique.

    Le « 100% monnaie » est une alternative forte à la proposition technique de financement développée par ailleurs dans ce site.

    Commentaire by A-J Holbecq | Le 16 novembre 2011 - 10 h 59 min

  15. [...] par des émissions de nouveaux crédits des banques commerciales, mais seulement par une émission monétaire de la Banque centrale ». C’est la reprise en main de l’économie par les [...]

    Ping by Pierre TARIF » La dette, cette source de profits ! | Le Cercle Les Echos | Le 1 décembre 2011 - 20 h 25 min

  16. Après la lecture attentive de l’article de mr Holbecq, voilà que sans rien connaitre de la finance je commence à comprendre et à m’y intéresser.
    Quant au contrôle,je pense que Mat a raison car donner trop de pouvoir à quelqu’un
    c’est lui donner l’occasion d’en abuser.

    Commentaire by fournier | Le 4 décembre 2011 - 16 h 50 min

  17. Mr Holbecq a écrit : « L’augmentation de la masse monétaire ne pourrait plus avoir lieu comme actuellement par des émissions de nouveaux crédits des banques commerciales, mais seulement par une émission monétaire de la Banque centrale, par exemple à destination du Trésor public, monnaie qui ensuite, au cours de son circuit d’utilisation, va diffuser dans toute l’économie en créant le revenu des agents économiques à travers leurs opérations de production et d’échange. »

    Cela revient à dire que toute monnaie doit « percoler » à travers les organismes publics, qui va par ses achats choisir qui aura le droit de recevoir la monnaie, qui devient quasiment « de droit divin ». Car on sait que les achats publics sont parmi les plus grosses sources de corruption, et de financement des partis politiques, et donc de perversion du mécanisme des élections.

    Au niveau technique, il n’y a aucune démonstration que détourner la totalité du flux monétaire dans les organismes « publics » soit neutre au plan économique. L’intuition est plutôt que les pme et les citoyens ne vont récolter que les miettes. Comme aujourd’hui.

    Je le répète, l’objectif sain d’une monnaie est de favoriser les transferts économiques entre humains. Sans humains, une monnaie n’a pas de sens : l’humain est la source de la monnaie et le système monétaire réel doit respecter cet axiome de base.

    Commentaire by bernard | Le 29 décembre 2011 - 10 h 27 min

  18. Mr Holbecq a écrit : «d) Les besoins d’épargne financière peuvent aussi être régulés à travers les mouvements de capitaux internationaux, sachant que la Banque centrale – sous contrôle et sur ordre du Parlement – devra veiller à ce que la masse monétaire en circulation, égale par définition à la monnaie de base dans le nouveau système, reste sur la pente requise (qui devrait être de l’ordre de 4 à 5 % l’an) »

    Il manque manifestement un fond théorique important : d’où vient ce chiffre de 4 à 5% ?

    Vouloir confier la régulation d’une monnaie aux mouvements de capitaux internationaux me parait risible, surtout avec les soubresauts en cours du théâtre politique européen !

    Commentaire by bernard | Le 29 décembre 2011 - 10 h 28 min

  19. @Bernard

    Je vous ai déjà répondu me semble t-il sur le forum d’Étienne Chouard. Pour votre premier commentaire (17) c’est simplement votre point de vue, tout à fait respectable, mais ce n’est pas le mien. La monnaie émise au bénéfice du Trésor Public n’est pas une « monnaie dette » mais une monnaie permanente (elle ne doit pas être remboursée) et elle va donc continuer après sa première utilisation (dont le choix est « politiques »), par l’Etat ou les Collectivités, à irriguer l’économie et donc à participer aux augmentations de revenus des citoyens.

    Pour le second (18):
    Vous confondez monnaie monnaie et épargne: « Le 100% monnaie propose donc la séparation très claire entre d’un coté la monnaie qui doit être totalement « liquide » et garantie à 100% par de la monnaie Banque centrale, et de l’autre l’épargne à court, moyen ou long terme (d’une journée à plusieurs années). »
    Le « d » que vous citez n’a trait qu’à l’épargne (ce qui peut être prêté dans une économie du « 100% monnaie ») , pas à la monnaie qui est, elle, totalement « liquide » c’est à dire immédiatement disponible.

    Les 4 à 5% correspondent à une proposition qui fait consensus ; 2 ou 3% d’inflation et 2 ou 3% d’augmentation du PIB en volume, ce qui représente une augmentation de la masse monétaire de 50 à 60 milliards par an (sur une masse monétaire « liquide » estimée à 1200 milliards d’euros pour la France).
    Mais c’est évidemment un exemple: le débat politique déterminera ce qui est souhaitable en sachant bien qu’il faut essayer de garder les choix sur de longues périodes pour éviter les variations trop brutales de la « croissance »

    Commentaire by A-J Holbecq | Le 2 janvier 2012 - 18 h 29 min

  20. Je ne comprend pas bien cette idée de création monétaire ex-nihilo.
    Ayant plutot des idées simplistes en économie; pour moi il y a emission de monnaie au moment de l’emission d’un emprunt représenté par des OAT. La monnaie disparaitra lorsque les OAT seront remboursées. Ce qui donne le caractère de monnaie à une OAT c’est le fait qu’elle soit mobile. En effet la banque va revendre une partie des OAT sur le marché financier.
    Si vous prètez de l’argent à votre voisin pour qu’il s’achète une voiture il n’y a pas de création monétaire car la créance que vous possèdez est figée. Par contre si vous etes banquier et que vous transformez cette créance par la titrisation vous pouvez vendre ces titres et récupèrer de la monnaie fiduciaire et recommencer avec un autre voisin.
    C’est donc l’émission de titres mobiles, et donc échangeables, contre de la monnaie fiduciaire qui accroit la masse monétaire en circulation.
    Les deux moyens d’accroitre la masse monétaire me paraissent donc les émissions d’emprunts d’Etat négociables et la titrisations de dettes privées.
    Cette explication me conduit à deux conclusions:
    - si on reprenait le financement des déficits nationnaux par des emissions monetaires sans interet la masse émise cumulée serait beaucoup moins importante
    - La peur ( supposée ) de l’allemagne d’un risque inflationniste est sans fondement car il est probable qu’il faudrait complèter l’emission de la banque
    centrale par des dispositifs complémentaires pour assurer le développement de l’économie.
    Par ailleurs, en Europe, la TVA est un système qui permettrait de bloquer un processus d’hyper-inflation

    Commentaire by Arthur | Le 4 janvier 2012 - 14 h 51 min

  21. Il manque néemoins 2 chose :
    1.Un référentiel inconstestable sur lequel repose une garentie inconstestable des éhanges inetrnationaux depuis des siècles: l’ OR !Il ne s’agirait pas d’encaisse -or mais de monaies fluctuant librement par rapport a ce » référentiel  » OR.Quand aux monaies nationales elles pouraient reposer sur rien ou sur de l’argent comme c’était le cas lor de l’application du bi-métalisme ( US 1813).

    Commentaire by Adepte Norman Palma | Le 25 février 2012 - 17 h 40 min

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