A lire : Contre la crise créer de la monnaie

Le 27 septembre 2011 - 12:32 | 3 commentaires

Dans leur article « Contre la crise créer de la monnaie« , Stéphane Hallegatte et Julie Rozenberg, économistes, explorent la voie non conventionnelle de sortie de crise que serait la création monétaire. Ils commencent par expliquer de façon très claire pourquoi les politiques de rigueurs sont contreproductives pour atteindre leur objectif affiché, réduire les déficits et les dettes publics. Ils proposent, ensuite, plutôt qu’un défaut des Etats (aux conséquences dévastatrices du fait des faillites bancaires que cela provoquerait), de mener une stratégie de décote des dettes : les banques centrales rachèteraient (par création monétaire) les dettes publiques en ne remboursant qu’en partie les créanciers (afin qu’ils participent également à l’effort collectif).

Les auteurs décortiquent ensuite le « risque inflationniste« , première objection à leur proposition. A court terme, ce risque est très faible car « les capacités de production et l’emploi restent très sous-utilisés« . A moyen terme, une inflation contrôlée pourrait avoir un impact positif en « diminuant les montants réels des dettes de tous les acteurs économiques » (à condition d’être attentifs à la façon dont se distribueront les pertes). Ils notent, de plus, que l’inflation pourrait permettre de réduire la différence de compétitivité entre les pays du nord et du sud de l’Europe car elle serait plus importante dans les pays du nord (où les capacités de production sont plus employées que dans les pays du sud).

Enfin, la création monétaire pourrait redonner des marges de manoeuvre aux Etats pour investir dans l’économie. Les auteurs parlent alors de « consommateur en dernier ressort » : quand la consommation privée faiblit, la consommation publique peut prendre le relais. D’après les auteurs, cette confiance dans la capacité des Etats à intervenir a permis d’éviter un effondrement généralisé en 2008 mais n’existe plus aujourd’hui. C’est une des causes de l’effondrement des cours de bourse. Les auteurs concluent sur la nécessité à moyen terme de renforcer la coordination européenne et de mettre en place des « institutions fédérales disposant d’une légitimité démocratique établie« .

Si nous partageons nombre des points de cette analyse, nous souhaitons insister sur un point en particulier. Il ne s’agit pas pour nous de se servir de  la création monétaire  pour rembourser les dettes mais bien de la flécher vers un plan d’investissement dans la transition écologique, économique et sociale. C’est l’objet de notre proposition Financer l’avenir sans creuser la dette.

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Alors que les européens poursuivent leurs atermoiements, la FED agit

Le 22 septembre 2011 - 18:01 | Commentaires fermés

La banque centrale américaine, la Fed, a annoncé mercredi 21 septembre qu’elle allait vendre pour 400 milliards de dollars d’obligations d’Etat d’une maturité restante de moins de trois ans pour d’autres d’une maturité de six à trente ans. Suite à cette annonce, les taux d’intérêt long terme sur les bons du trésor ont fortement chuté ce qui  était l’objectif affiché de la Fed. Voilà ce qui peut se passer lorsque la politique monétaire est au service de l’économie d’un pays et non un carcan illégitime. Cela illustre  ce qu’un tel mécanisme (mais dont l’utilisation serait clairement et démocratiquement encadrée) pourrait apporter surtout aujourd’hui aux États européens.

Source : Le monde

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