Oui à la création de banques publiques d’investissement, mais pas pour faire n’importe quoi

Le 14 février 2012 - 12:30 | Commentaires fermés

Les banques d’investissement sont à la mode parmi les candidats à la présidentielle. Lors de son intervention télévisée (29/01/12) Nicolas Sarkozy a ainsi annoncé la création d’une « banque de l’industrie », filiale d’Oseo la banque publique des PME. De son côté, François Hollande a placé la création d’une banque publiques d’investissement tout en haut de ses 60 propositions. Immédiatement, se posent deux questions :  1/ investir c’est bien mais pour quoi faire ? 2/ comment cet investissement public sera t-il financé ?

1/ Investir c’est bien mais pour quoi faire ?

En première approche, ces déclarations sont une très bonne chose. Nous avons, en effet, besoin d’investir dans de nombreux domaines afin de mettre en œuvre la transition écologique de notre société. Investir dans l’agriculture pour basculer largement vers des modes de production économes en intrants, sains et respectueux des écosystèmes. Investir dans la rénovation des 30 millions de bâtiments existants pour réduire les consommations de chauffage. Investir dans la R&D pour mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes et la façon de les restaurer, les impacts de l’environnement sur la santé, comment produire mieux en économisant les  ressources naturelles et l’énergie… Investir dans les transports en commun et la mobilité douce, dans la constitution de la trame verte et bleue pour améliorer la résilience de nos écosystèmes. Investir dans le bâtiment  pour résorber le déficit historique de logement. Or le secteur privé est particulièrement peu à même de financer ces investissements. Leurs rendements sont trop faibles ou trop longs pour répondre aux attentes des acteurs des marchés financiers focalisés sur le très court terme. De plus, la tendance risque de s’accentuer. Le credit crunch (c’est-à-dire l’assèchement des crédit bancaire) menace comme le confirme le dernière enquête trimestrielle publiée par la BCE sur ce sujet.

En deuxième approche on peut se poser la question des critères de cet investissement. Financer l’industrie, financer les PME c’est très bien mais pour quoi faire ? Comment seront déterminés les projets d’entreprise à financer ? Nous avons besoin d’une politique volontariste et de grande ampleur d’investissement public. Mais nous avons aussi besoin de davantage de transparence dans le choix de ces investissements car ils impactent notre avenir, la société dans laquelle nous allons vivre.

2/ Comment cet investissement public sera t-il financé ?

Sur ce point les choses sont claires. Que ce soit la banque de l’industrie de N. Sarkozy ou la banque nationale d’investissement de F. Hollande elle seront pourvue en fonds propres par l’Etat, qui lui même se finance sur le marché. Ainsi, pour pallier aux défaillances des marchés qui ne financent pas suffisamment les entreprises, l’Etat devra payer des intérêts aux acteurs qui interviennent sur ces mêmes marchés !

Ne serait-il pas plus sain de permettre à ces banques publiques d’émettre des obligations qui seraient rachetées par la Banque centrale européenne de la même façon qu’elle a racheté plus de 200 milliards d’euros de dette publique aux banques commerciales depuis mai 2010 ? C’est en substance ce que nous avons proposé dans notre document Financer l’avenir sans creuser la dette.

 

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